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Le bonheur des autres

Avant je faisais toujours passer le bonheur des autres avant mon propre bonheur. Ce n’était pas réellement un choix, c’était ma manière de fonctionner, celle que j’avais apprise bien inconsciemment.


Enfant, je pensais que si je rendais mes parents heureux, ils m’aimeraient et surtout qu’ils iraient bien. J’avais cette pensée magique que je pouvais prendre soin de mes parents et que si j’allais bien, eux aussi iraient bien. J’essayais de les satisfaire en faisant ce que je croyais qu’eux voulaient que je fasse. Ce fonctionnement m’a permis de grandir et de mettre à distance mes propres émotions.


Adulte, j’ai naturellement gardé cette manière de fonctionner. Je pensais que c’était mon caractère. Rendre les autres heureux me permettait d’avoir une meilleure estime de moi-même, j’étais une « bonne » personne toujours disponible, toujours prête à rendre service et à aider. Intérieurement, c’était une autre réalité, j’avais une mauvaise estime de moi, je me jugeais sévèrement. J’aurais toujours pu mieux faire, je n’étais jamais satisfaite.


J’étais toujours d’accord avec ce que les autres voulaient faire et je ne leur disais pas ce que je pensais. Même s’ils avaient des paroles blessantes, je laissais faire, je refoulais. Je gardais tout à l’intérieur. Je ne savais pas agir différemment et comment composer avec ces situations.


Avec le temps, je me suis peu à peu rendu compte que je n’étais honnête ni avec moi-même, ni avec les autres. En disant systématique oui aux autres, je me protégeais. Cela m’évitait de m’affirmer, mais surtout cela m’évitait d’être confrontée à mon malaise intérieur face à la réaction de l’autre.

Que faire si l’autre se met en colère ?

Que faire si l’autre me rejette ?

Vais-je pouvoir supporter d’être une « mauvaise » personne aux yeux des autres ?


Dire non était pour moi synonyme d’être une mauvaise personne, celle qui pensait à elle avant de penser aux autres.


Prendre soin de moi, de mes émotions, de mes besoins était impensable jusqu’à ce que je tombe malade, jusqu’à ce que mon corps me mette à l’arrêt. J’étais si mal que je n’avais plus d’énergie pour les autres. J’ai réalisé que pour guérir, je devais être présente à mes souffrances intérieures et apprendre à laisser les autres m’aider et prendre en charge le quotidien. Cette réalité a été difficile à apprivoiser, elle impliquait d’énormes changements dans mon fonctionnement.


Petit à petit, j’ai appris. J’ai appris à écouter mon cœur, mes émotions, mes besoins. J’ai appris à être douce avec moi-même. J’ai appris à demander et j’ai appris à recevoir.


Dire oui à l’autre était facile, j’avais intégré que je passais après les autres.

Me dire oui a été un réel apprentissage. J’ai découvert que je pouvais choisir : choisir de dire oui ou non en tenant compte de ce que je ressentais. En étant authentique dans mes réponses, j’ai également découvert que l’autre personne en face de moi était, dans la plupart des cas, capable de respecter mes choix. Quel soulagement!


Mes OUI devenaient de vrais OUI et mes NON de vrais NON.

En me respectant, mes relations ont inévitablement évolué. Certaines personnes se sont éloignées de moi. D’autres personnes se sont rapprochées, j’ai vu se tisser de merveilleuses amitiés dans lesquelles chacun est libre d’être soi-même et de dire ce qu'il

ressent. Quel cadeau!


Alors, envie d’apprendre à te dire oui ?

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